Depuis fin 2016, Montpellier SupAgro a transformé le Domaine du Chapitre en « Mas numérique ». Toutes les étapes de la production y sont connectées et bénéficient des technologies numériques innovantes de 14 entreprises.

Le 13 octobre 2017 – « Depuis la culture de la vigne jusqu’aux vendanges puis la vinification, Christophe Clipet, directeur du Domaine du Chapitre et ses 35 hectares de vignoble à Villeneuve-lès-Maguelone, au sud de Montpellier, est aidé dans sa prise de décisions par une multitude de données. Truffé de capteurs, connecté, le Domaine, depuis fin 2016, est devenu un Mas numérique. Ce projet, « une innovation française, européenne et même mondiale », appuie hier Bruno Tisseyre, professeur en agriculture de précision à Montpellier SupAgro*, fait travailler ensemble « le monde académique et 14 entreprises. » Dirigé par Thomas Crestey, ingénieur à Montpellier SupAgro, le Mas numérique a fait l’objet, hier, d’une visite. « On a aujourd’hui un an de recul sur l’utilisation des solutions », explique l’ingénieur. Site de démonstration de technologies innovantes destinées à la viticulture, le Mas numérique se présente aussi comme un futur outil de formation pour les étudiants et professionnels du secteur. Les 14 entreprises partenaires y travaillent la complémentarité de leurs solutions. Engagées sur trois ans, elles mettent ces technologies à la disposition de l’équipe de l’exploitation, dégagent du temps pour former à leur utilisation. Quatre d’entre elles – ITK, Smag, Vivelys et Pera Pellenc – ont fait du mécénat financier sur ce projet (elles ont investi 350 000 euros sur les 740 000 euros sur 3 ans. Montpellier SupAgro a financé le reste).

Une précieuse aide à la décision
T-shirt orange vif estampillé « Mas numérique », Thomas Crestey se tient devant une vigne de blancs (cépage Aranel), contiguë à une autre de Syrah (rouge). « Sur une parcelle, l’un des enjeux est de décider de la destination de la vendange », observe-t-il. « Une des premières choses est de caractériser son profil hydrique : comment se répartit l’eau dans le sol. L’outil, développé par Geocarta, est tracté par un quad. Il envoie du courant dans le sol. A partir de là, il établit une carte hydrique de la parcelle. » Il poursuit : « On a également utilisé l’outil Vintel (ITK) de suivi de l’état hydrique des parcelles, pour déterminer la date optimum des vendanges. Le procédé Oenoview (Terranis), qui mesure la vigueur végétative, a été employé sur la Syrah. Les endroits où les feuilles étaient vertes en quantité ont été vinifiés en rosé, les zones ayant subi plus de stress hydrique, en vin rouge, plus charpenté. » Christophe Clipet reconnaît : « On n’aurait pas forcément vu tout ça à l’oeil nu. Sur ce millésime 2017, très particulier, on a eu grâce à ces outils numériques des infos qui nous ont permis de changer nos plans. En Syrah par exemple, ce que je destinais au rosé, je l’ai destiné au rouge. »
Juste avant de visiter les parcelles, Thomas Crestey a montré « la station météo communicante » (solution Agriscope) « qui envoie tous les jours ses données. Elle est une aide à la décision pour intervenir sur la parcelle, pour la lutte contre le mildiou et l’oidium. Optidose (IFV) propose lui une réduction des doses de produits phytosanitaires… ». Le chai comporte lui aussi un pressoir connecté Pera Pellenc, des cuves pilotées par le procédé Scalya (Vivelys) pour contrôler la température de la fermentation… « Toutes ces solutions connectées nous confortent dans la prise de décision. Elles nous apportent du confort dans le travail, l’organisation générale », a commenté, hier, Christophe Clipet. »

Source : La Marseillaise / Catherine VINGTRINIER

* Elle forme des ingénieurs agronomes.