L’énorme bâtiment est sorti de terre en un an. Et hier, l’entreprise Pellenc a inauguré son nouveau site de Segonzac. Les 15 000 mètres carrés sont implantés au sein de la zone des Malestiers (une nouveauté sous l’égide de Grand-Cognac).

Si l’entreprise Pellenc a été créée en 1973, il s’agit là d’une de ses filiales, Pellenc Bordeaux-Charentes (25 millions de chiffre d’affaires annuel), spécialisée dans les machines, les équipements et l’outillage pour l’agriculture spécialisée et les espaces verts. « Nous avons créé, depuis vingt ans, des filiales loin de nos bases, tout autour du monde, mais il était logique de s’implanter dans un grand bassin viticole comme Cognac », a déclaré Roger Pellenc, 73 ans, fondateur de la société.

Des embauches à prévoir
Et il ne s’agit pas vraiment d’un hasard. Récemment, plusieurs concurrents ont ouvert à Cognac (Chambon, Rullier). « Venir en tracteur à Cognac n’est pas vraiment pratique », assure Frédéric Beau, directeur régional. « Nous avons préféré Segonzac, au coeur du vignoble. »
Pellenc n’est pas totalement inconnu dans le secteur. Il a déjà un site à Rouillac, avec trois employés. À Segonzac, il faut compter sur une vingtaine de personnes. « Nous allons embaucher une dizaine de salariés supplémentaires en 2018 et 2019 », ajoute Jean-Pierre Pettavino, directeur général. « Cela montre bien notre volonté de s’implanter sur le territoire charentais. De même, nous allons bientôt ouvrir un magasin en Charente-Maritime. »
Au total, le groupe Pellenc Bordeaux-Charentes compte 88 salariés. Il s’agit donc d’une bonne nouvelle pour le territoire : le site de Segonzac représente un investissement de 3 millions d’euros. Ce qui donne le sourire à la maire, Véronique Marendat : « C’est la preuve qu’il est possible de faire venir des entreprises à la campagne. Et c’est important, a assuré l’élue. Pour que les gens suivent, il faut des emplois dans le milieu rural. » Et en la matière, Pellenc subit un élément conjoncturel : « Il est très difficile de recruter dans notre milieu, regrette le PDG. On est une filière en tension. Les jeunes ne semblent pas vraiment intéressés par le machinisme agricole et préfèrent l’automobile, par exemple. Alors même que nous sommes à la pointe de la technologie. » Il s’agit d’ailleurs d’une signature chez Pellenc : « Depuis des années, nous dégageons 10 % du chiffre d’affaires pour l’investissement, se félicite Roger Pellenc. C’est ce qui fait la réussite de l’entreprise. » Le groupe est notamment en pointe sur les questions de développement durable.

JONATHAN GUERIN
Sud Ouest