1/06/2018 - Légères et performantes, les élagueuses thermiques ou à batterie font partie de ces outils portatifs indispensables aux professionnels du paysage. L'innovation est au coeur des dernières générations de machines : facilité de mise en route, y compris à froid, guide-chaîne allégé, poignées en nid d'abeilles, système de gestion électronique du moteur et d'épuration de l'air d'admission, batteries performantes... Des caractéristiques techniques qui améliorent grandement la productivité des utilisateurs, limitent les Troubles-Musculo-Squelettiques et les soucis mécaniques intempestifs.

Aux vrombissements des tronçonneuses, s’ajoutent les coups rythmés des haches et les bourdonnements des broyeurs, avalant des branches par centaines sur les zones de chantier. Des ‘mini-tronçonneuses’, portées à bout de bras avec une facilité déconcertante, sont aussi à l’action au sol… et au sommet des arbres. Des copeaux de bois, tombant en continu comme des flocons, et des amas de branches de différents diamètres, témoignent de la cadence effrénée de ces petites machines. Ce sont des élagueuses, reconnaissables à leur compacité générale, leur poignée positionnée sur le dessus ou en mode ‘gâchette’, et leur guide de 15 à 35 cm. D’autres critères techniques les caractérisent…

Démarrage à froid
Si le démarrage n’est pas un problème pour les modèles à batterie, assurant une autonomie de 30 minutes à 3 jours selon les fabricants, les versions thermiques nécessitent un petit rituel : enclenchement du starter, amorçage du réservoir et actionnement du lanceur (sans tirer jusqu’à la butée pour ne pas endommager le câble et le ressort enroulé à l’intérieur). Plus le démarrage est court, plus vite l’utilisateur peut commencer à travailler, notamment après avoir fait le plein de carburant et/ou d’huile ! C’est pourquoi, les fabricants ont imaginé divers procédés techniques pour faciliter la mise en route. Par exemple, le système ‘Easy on’, le ‘Primer’ (qui facilite le passage du carburant au carburateur) et le starter semiautomatique du constructeur Oleo-Mac. Mais aussi : le système de gestion M-Tronic de Stihl (sans réglage du carburateur), qui facilite le démarrage, y compris à froid ; le système de purge d’air d’Husqvarna pour un démarrage sans à-coups ; Smart Start®, qui nécessite 50 % de force en moins qu’un lanceur classique…

Des outils légers et puissants
Tenues à bout de bras, parfois d’un seul doigt, les dernières générations d’élagueuses sont ultra-légères : moins de 2 kg pour les versions à batterie (batterie dorsale), et environ 3,5 kg pour les modèles thermiques. Pour obtenir davantage de légèreté, des constructeurs concentrent leurs efforts sur les guides. En effet, lors de l’usinage des guides, des évidements sont réalisés au laser et comblés de résine polyamide, renforcée de fibres de verre. Gain de poids généré : 30 % maximum, pour un guide de 35 cm.
Légères mais aussi maniables! Les élagueuses se caractérisent effectivement par de faibles vibrations au niveau des avant-bras. Sur ce point, les élagueuses les plus performantes génèrent moins de 2,9 m/s2 , contre 6 m/s 2 habituellement. Des modèles à batterie, munis d’une gâchette en guise de poignée et d’un guide d’environ 15 cm, sont très maniables et rangées dans des fourreaux attachés à la ceinture de l’utilisateur lorsqu’il entame son ascension dans les arbres.
Question cylindrée, il faut compter entre 23 et 35 cm3 (1 à kW pour une version à batterie). La puissance maximale de ces machines est donc équivalente à des tronçonneuses professionnelles d’entrée de gamme, ce qui est largement suffisant pour débiter des branches ou des charpentes, y compris des diamètres de plusieurs dizaines de centimètres. Du côté du moteur, les utilisateurs sont sensibles aux moteurs brushless, mais également à tous les équipements qui consomment moins, à l’exemple du moteur X-Torq®, qui émet 75 % de polluants en moins (- 20 % sur la consommation), ou bien des moteurs avec un cylindre traité au nickel et comprenant un piston en 2 segments, moins consommateurs en carburant.

Quelques équipements bien pratiques…
A commencer par les poignées de frein en nid d’abeilles, assurant une meilleure visibilité sur le travail effectué. Les petites branches coupées ont aussi tendance à passer au travers, sans s’accumuler sur l’outil. Autres équipements : les réservoirs transparents, toujours pratiques, des anneaux de suspension repliables, des guide-chaîne ‘carving’ avec pointe en stellite…
Les travaux d’élagage sont difficiles, mais les professionnels peuvent compter sur les constructeurs pour créer des outils toujours plus ergonomiques, pratiques et surtout, efficaces sur les chantiers.

Entretien, ce qu’il faut faire…
• Niveau 1 : nettoyage des gouges toutes les heures, sur chantier ;
• Niveau 2 : contrôle hebdomadaire pour nettoyer le carter de chaîne, la cloche d’embrayage, le guide, le filtre à air, les ailettes de refroidissement, les arrivées d’air et l’orifice d’alimentation en carburant. Ne pas oublier de contrôler la bougie et l’écartement des électrodes ;
• Niveau 3 : chaque mois, il est conseillé de resserrer les vis visibles, délogées par les vibrations.

Affûtage des chaînes
Aiguiser régulièrement la chaîne permet à l’utilisateur de gagner en performance, de ne plus avoir à ‘forcer’ sur la machine (moins de fatigue) et de réduire sa consommation en carburant. Des signes indiquent le moment opportun pour aiguiser la lame : la chaîne ne s’enfonce pas d’elle-même dans le bois, la coupe se gauchit dans une direction, de la fumée se dégage de la coupe. Des chaînes sont munies de repères de maintenance et d’usure qui indiquent l’angle d’affûtage, l’angle de front, l’angle du limiteur de profondeur et l’usure des surfaces de glissement (pied de la dent).
Après avoir tendu et nettoyé la chaîne à l’aide d’une brosse, l’utilisateur doit s’équiper d’une lime ronde spécifique (portelime éventuel) ou d’une simple ‘queue de rat’. Celle-ci est posée dans le creux de la gouge, selon l’angle d’affûtage, de telle sorte que l’utilisateur puisse l’aiguiser de l’intérieur vers l’extérieur, en exerçant une légère pression et en maintenant la lime à 90° par rapport au guide-chaîne. On peut même colorer l’intérieur de la gouge pour contrôler l’enlèvement de matière après deux ou trois coups de la lime ! Quant au limiteur de profondeur, il suffit de positionner un gabarit d’affûtage pour rectifier ou non, à la lime, son extrémité. Pour plus d’explications, consultez les sites des fabricants.

Rappel sur la sécurité
Comme définit dans le Code du Travail (Article L4121-1 (anciennement L230-2)), les entreprises et les collectivités doivent prendre les mesures nécessaires pour assurer la sécurité et la santé du personnel. Ces mesures comprennent des actions de prévention par la mise en place de protections collectives en priorité, de formation (pourquoi utiliser les EPI et comment), d’information et de mise à disposition gratuite d’EPI, adaptés aux risques, entretenus et en quantité suffisante.
Pour des interventions en élagage, les EPI minimum sont les vestes et les pantalons anti-coupures, les casques à jugulaire et à visière intégrale, les lunettes en polycarbonate, les protections auditives quand le niveau sonore dépasse les 85 dB, les manchettes pour les activités de tronçonnage, les chaussures de sécurités, les harnais, les mousquetons et les cordages … Sans oublier les gants classés EN 338 (dangers mécaniques), car les accidents recensés concernent, pour 25 % d’entre eux, les blessures sur les mains.
Comptez environ 1 500 à 1 600 € HT/an pour un équipement complet spécifique aux élagueurs.


Le designer Giugiaro a particulièrement travaillé sur la compacité et l’équilibre de l’élagueuse GST 250, cette ergonomie facilite le travail et limite les tensions dans le poignet. De nombreuses fonctions facilitent le travail : une lubrification optimale de la chaîne, des réservoirs translucides, un moteur professionnel avec un cylindre traité au nickel et un piston deux segments, et facilitent le démarrage : l’easy-on et le primer.


Dotée d’un design hors pair, l’élagueuse sans fil BCL132 de Bahco se distingue par sa puissance et sa légèreté. La chaîne montée sur un guide de 15 cm est mise en route par une gâchette de démarrage à double pression. En cas de choc ou de rebond, elle s’arrête automatiquement grâce à un frein de chaîne électronique.


Très légère (2 kg), ce qui est très pratique lorsqu’elle est portée à bout de bras, l’élagueuse à batterie Selion C21 HD de Pellenc possède une puissance de 2 000 W, pour une vitesse de chaîne de 14,5 m/s. La longueur du guide est de 30 cm. Pression sonore : 89 dB. Pourvue d’un frein de chaîne électronique qui s’active en cas de chute ou de rebond et d’une gestion électronique du débit d’huile selon l’effort de coupe. Tension automatique de la chaîne et clé escamotable.


L’élagueuse T525 d’Husqvarna est légère et compacte. Son moteur 2 temps, souple et fiable, fournit une forte puissance et d’importantes performances de coupe. Elle est dotée d’une pompe d’amorçage pour un démarrage plus facile et d’un tendeur de chaîne latéral. Sa poignée est en nid d’abeille.


Grâce à une reconnaissance électronique, la vitesse du Powercoup PW2 d’Infaco s’adapte automatiquement en fonction de l’outil connecté. Six outils différents sont adaptables sur la base motorisée PW2. La tête de l’élagueuse permet d’effectuer des coupes jusqu’à 150 mm de diamètre.


D’un poids plume de 2,3 kg à vide (3,6 kg avec batterie Stihl AP 200), l’élageuse MSA 160T de Stihl démarre d’une simple pression sur un bouton et permet de très précieux gains de temps et d’énergie pendant le travail. Elle dispose d’un oeillet rabattable pour la fixation, d’une soignée ‘Softgrip Stihl’ pour une prise en main sûre, et d’un écrou de serrage de guide imperdable.

Source : Matériel & Espace vert / 1 juin 2018