1/05/2018 - Les systèmes de gestion de parc de machines comme ceux de flottes de véhicules vont peu à peu se démocratiser sur le marché. Jusqu'à présent, sur celui des espaces verts, seule la marque Husqvarna plaidait ce dossier. Mais d'autres vont s'en saisir, à l'image de Briggs & Stratton et de son InfoHub Commercial Turf présenté lors du salon GIE+Expo 2017, à Louisville (États-Unis). John Deere, en avance dans les technologies de pilotage des exploitations agricoles, devrait pouvoir mettre son expérience au profit des espaces verts, dans un premier temps pour les golfs. Toro est aussi sur la même longueur d'onde.

La gestion de parcs de machines chez les clients via les marques et leurs revendeurs n’est plus un concept. Des systèmes sont déjà testés sur le terrain, dans des entreprises du paysage et au sein de collectivités. On peut se demander pourquoi, puisque tout le monde s’en passait jusqu’à présent. Cette situation s’explique d’un côté parce que ce sont les nouvelles technologies qui se profilent et qui entrent sur les différents marchés et, de l’autre, parce que les besoins des utilisateurs évoluent : ceux-ci veulent gagner du temps, mieux s’organiser et adopter des méthodes permettant de prévenir certaines actions avec l’objectif final de gagner plus d’argent ou de réduire certains coûts grâce à une gestion optimisée. Les technologies des objets connectés (loT) – notamment celles qui équipent les matériels de capteurs autorisant le transfert et la gestion de leurs données via Internet – se combinent pour parvenir à gérer les machines. Le constructeur Husqvarna, pour sa part, en est déjà à la seconde version de son système Fleet Services, qui va commencer à déployer. Chez Briggs & Stratton, c’est en revanche nouveau, puisque la marque a dévoilé son InfoHub Commercial Turf sur le dernier salon GIE+Expo, aux États-Unis, une présentation faite auprès du public, mais le nouveau service du constructeur avait été testé en 2016-2017 par 24 entreprises américaines.

De l’agriculture de précision à la tonte de précision
John Deere et Toro, qui devraient désormais avancer plus rapidement sur le marché des solutions de gestion de flottes des golfs, ne seront certainement pas en reste pour proposer des solutions proches ou dérivées des technologies de l’agriculture de précision sur le marché des espaces verts. Chez John Deere, le centre de ces opérations est situé dans l’Iowa, à Urbandale, où la marque est présente déjà depuis de nombreuses années. John Deere Intelligent Solutions Group y ouvrira en 2019 de nouvelles infrastructures de 12500 m2 qui emploieront 600 personnes. L’investissement est significatif de la place que John Deere accorde aux nouvelles technologies. ISG a déjà fourni des compétences à la division « espaces verts », lorsque cette dernière a lancé son application MowerPlus en 2016, disponible sur Google Play et l’App Store. Avant son lancement, cette application avait été testée par les équipes professionnelles qui entretiennent le site du siège social de John Deere, à Moline (Illinois). En téléchargeant l’application sur son smartphone, l’utilisateur grand public peut adapter ses méthodes de tonte, bénéficier de recommandations en fonction de son historique ou des conditions météo, être averti pour les opérations de maintenance et accéder à des ressources et informations techniques. L’application MowerPlus lui permet également de rester en lien avec son distributeur.

Des besoins différenciés
Les professionnels entrepreneurs ou les collectivités peuvent exprimer des besoins différenciés en matière de gestion de leur flotte de machines. Dans le cas des entreprises, il est probable que les éléments fédérateurs tourneront autour de la productivité, de la rentabilité et de la gestion des coûts, mais qu’ils porteront aussi sur ce que les outils peuvent procurer dans le domaine de l’organisation des journées de travail et des chantiers : gestion du parc et des équipes, management, traçabilité… L’approche des collectivités, quant à elle, peut reprendre plusieurs de ces éléments, mais le principal besoin pourrait concerner l’optimisation du parc – à l’heure où il est demandé aux gestionnaires de faire des économies – afin de mieux gérer en amont les achats, de veiller à ce que les machines soient utilisées à bon escient, de développer la formation en ligne si ce n’est pas déjà le cas ou encore d’utiliser les données dans le cadre d’une politique de gestion environnementale.

La gestion de flotte n’arrive pas seule
La gestion de flotte est un outil d’aide à la décision pour les utilisateurs professionnels qui gèrent un parc relativement important avec plusieurs équipes d’entretien. L’avantage est d’atteindre un haut niveau de traçabilité pour chaque machine (utilisateurs, travaux réalisés…). L’outil peut se suffire à lui-même, mais il sera certainement environné de nouveaux services. On peut facilement imaginer ceux qui seront dédiés à la maintenance des machines en lien direct avec les SAV des revendeurs ou à la fourniture de pièces détachées afin de gagner du temps et d’éviter l’immobilisation des machines sur des chantiers. D’autres services seront en revanche liés au financement des machines, aux garanties accordées et peut-être à l’économie d’usage des biens. Si l’achat classique des matériels n’est pas remis en question, il est envisageable qu’un système de gestion de parc puisse aussi être en phase avec la location de machines et qu’il soit lié à des conditions spécifiques (reprise du parc contractualisée sur une durée, choix entre plusieurs niveaux de services de maintenance des machines et de garantie, etc.).

PELLENC : La station de charge connectée
Sur le dernier salon Paysalia, outre l’obtention d’une médaille de l’Innovation pour ses nouvelles batteries ULiB 1200 et 1500, ainsi que pour son harnais, Pellenc a présenté la version définitive de sa Charging Station. Ce dispositif, disponible depuis avril 2018 au tarif de 2990 € HT, permet de charger jusqu’à dix batteries, dont deux avec une rapidité maximum. La station sécurise non seulement la zone de charge chez les clients, mais elle représente également une source d’information sur l’utilisation réelle des produits grâce à une interface configurable via un tableau de bord digital (économies d’énergie en euros, empreinte carbone, historique d’utilisation avec suivi possible à distance, etc.). À travers l’envoi de données statistiques directement par e-mail, ce nouvel outil fournit des rapports réguliers sur l’activité de charge des batteries. L’utilisateur peut ainsi décider d’arrêter la charge ou de la maintenir pour augmenter la durée de vie des accus, ou encore de programmer une charge différée.
La station de charge connectée de Pellenc est lancée ce printemps sur le marché.

Source : Moteurs & Réseaux / Jean -Paul ROUSSENNAC / 1 mai 2018