Bricolant au départ dans un petit cabanon, Roger Pellenc a construit un groupe multinational qui s’est diversifié de la vigne jusqu’au chai, en passant par l’oléiculture, l’arboriculture et les espaces verts. Aujourd’hui, il croit au développement des engins électroportatifs dans tous ces domaines. Au coeur de sa stratégie, un pôle recherche et développement qui lui permet sans cesse d’innover. La nouvelle usine qui devrait voir le jour à Pertuis (84) sera sa dernière concrétisation avant le passage des rênes à l’entreprise familiale Somfi.

C’est très important pour nous de consolider les liens avec nos utilisateurs », rappelle Roger Pellenc, devant des représentants des Cuma de Vaucluse et du Conseil départemental, alors qu’il se lance dans une présentation de l’entreprise qu’il a créée en 1973, à partir de presque rien, dans un hangar. « J’ai eu une chance terrible car nous étions au début de la mécanisation.
Parfois, des choses se mettent en mouvement. (…) Nous étions ici, à Pertuis, sur la propriété de mon grandpère. Professeur au lycée d’Avignon, j’ai toujours eu la passion de la viticulture. »
Et il décide de s’engager dans l’aventure, qui commence à Milan, où il part avec un agriculteur voisin, pour acheter du matériel d’occasion… L’entreprise a bien grandi et l’an passé, le groupe Pellenc a enregistré 212millions d’euros de chiffre d’affaires, avec un prévisionnel pour 2016 évalué à 230 millions d’euros. Elle rassemble 1500 salariés à travers 20 filiales. 1500 machines viticoles sortent chaque année des usines et 480 machines à vendanger. « Jusqu’à présent, je ne m’étais jamais intéressé aux vignes étroites. C’est difficile quand on n’est pas du cru. »
En 2014, Pellenc rachète Lauprêtre, devenue Pellenc haute densité. « La Champagne ne pourra pas éviter la mécanisation. Il y a du potentiel de développement sur ce marché. La situation
devient difficile pour trouver de la maind’oeuvre, pour des vendanges qui ne durent plus que 15 jours. Et aujourd’hui, nous avons des solutions qualitatives et performantes. Nous travaillons sur la machine du futur pour la Champagne, des machines avec de plus en plus d’électronique. » De plus en plus de précision L’entreprise a fait du chemin depuis le robot Magali, mis au point avec le Cemagref dans les années 1990, et qui permet de récolter des pommes. « Aujourd’hui, il n’y a presque plus un outil sans électronique ». Ce premier robot novateur s’est vu relégué au hangar avec l’effondrement de la production arboricole, face à la concurrence de l’Hémisphère Sud. « On a vu une profession à son zénith s’effondrer en 3-4 ans », se souvient  Roger Pellenc, qui reprend l’idée de l’oeil artificiel de Magali, tout d’abord pour l’industrie du recyclage, puis pour les machines à vendanger. Aujourd’hui, l’un des dernières innovations concerne le tri de la vendange: « C’est encore un investissement conséquent, dans les 100000 euros, mais cela va se démocratiser car il apporte un vrai plus. » De la vigne jusqu’au chai, il n’y avait qu’un pas, que l’entreprise a franchi en rachetant, Pera, spécialisée dans le matériel de chai. « On se lève l’âme à créer des machines à vendanger performantes, il faut que l’effort se poursuive à la cave.» Aujourd’hui, Pellenc travaille sur un pressoir continu, notamment pour les blancs et les rosés, « de meilleure qualité qu’un pressoir hydraulique. Cela fait plus de dix ans déjà qu’on y travaille ». Mais la recherche prend du temps « pour la récolte des olives, il nous a fallu vingt ans de recherche ». Pellenc s’est aussi intéressée aux vergers d’oliviers haute-densité, qui nécessitent une plantation en palmettes, pour permettre le passage des engins de récolte….