Pellenc remporte le Prix de la Productivité à la 24ème édition des Trophées des Usines 2018. De la démarche de lean management à l'investissement dans l'outil de production, c'est le meilleur projet d'amélioration de la productivité qui a été récompensé le 29 mai 2018. En effet, Pellenc enregistre une productivité record à Pertuis.

Plus de 110% de croissance en cinq ans pour atteindre 254 millions d’euros de chiffre d’affaires au niveau du groupe. Le spécialiste des machines agricoles Pellenc, fondé en 1975 par Roger Pellenc, est une ETI en pleine forme. Cette croissance résulte d’une stratégie d’innovation payante en matière d’offre, avec par exemple un sécateur viticole Vinion dont la production a été multipliée par cinq en trois ans. De quoi dynamiser l’activité de la société, et plus particulièrement celle de son usine historique, implantée à Pertuis (Vaucluse). «Cette croissance et cette dynamique d’innovation, nous devions l’accompagner au niveau industriel», explique Pierre-Antoine Barre, le responsable méthodes et industrialisation. En 2016, le site a lancé un plan de dynamisation de ses moyens de production visant notamment à accroître sa capacité et sa flexibilité industrielle pour répondre à l’élargissement de la gamme de produits et au passage de certains en grande série.

Le kitting mène la danse
Le projet a démarré dans l’atelier de montage des outils électroportatifs (OEP) et sur la ligne de montage du sécateur Vinion, d’où sortent 300 à 500 produits quotidiennement. Ici, le montage faisait face à un problème de cadence lié à deux facteurs : des stocks importants de composants en bord de ligne et des rythmes différents pour chaque tâche. L’usine a mis en place un système de «kitting» : les opérateurs ne prennent plus les composants en bord de ligne, mais se font passer une boîte qui contient tous ceux nécessaires à l’assemblage d’un sécateur. Des boîtes qu’ils préparent au fur et à mesure de la journée, quand ils en ont le temps, en récupérant les composants sur des étagères situées à l’entrée de l’atelier. Autre évolution : un système de vérin lumineux, connecté à un ordinateur de supervision, permet à chacun de suivre l’évolution de la boîte sur la ligne et au chef d’atelier de suivre la cadence en temps réel.
Tous les opérateurs ont suivi une formation au lean management afin de participer à l’amélioration continue du dispositif. Résultats : un gain de productivité de 60% sur cette ligne en deux ans, avec une réduction du temps de montage de 62 à 23 minutes. Pour les opérateurs, ce système signifie également davantage de confort visuel. Tous ces changements sont progressivement déployés sur les autres lignes de l’atelier. Sur celle de la bineuse-sarcleuse à batterie Cultivion, le temps de montage est passé, grâce à ce système et à l’automatisation du tapis, d’une heure en 2016 à 35 minutes aujourd’hui.

Groupes de travail multimétiers
Labellisée Vitrine de l’industrie du futur en mars, l’usine de Pertuis comprend également un atelier dédié au montage des grandes machines agricoles. Ici aussi, l’espace a été repensé, avec l’installation de chariots à étages sur roulettes pour stocker les composants. De quoi gagner en temps, flexibilité et surface au sol. «En 2018, nous allons regrouper les 30 % de surface au sol gagnés pour créer de nouvelles lignes pour de nouveaux produits ou pour augmenter nos capacités de production», précise Pierre-Antoine Barre. C’est aussi là que le site a démarré son projet de digitalisation pour réduire l’usage du papier et assurer une meilleure traçabilité des procédures de montage.

La digitalisation en marche
Dans l’atelier d’assemblage des machines agricoles, Pellenc a démarré un premier projet de digitalisation. En bord de ligne, à côté d’un énorme tracteur viticole en cours de montage, se trouve une tablette à double écran. Quand l’opérateur démarre son travail, un chronomètre se lance et la méthodologie à suivre s’affiche sur le second écran. Un moyen de le guider et de clarifier les process. «Ici, les opérations sont longues et il est difficile d’évaluer l’équilibre d’un poste sur une journée, pointe Pierre-Antoine Barre, le responsable méthodes et industrialisation. Avec cet enregistreur, nous créons une immense base de données qui nous permettra notamment de voir sur quelles opérations nous devons prioriser notre amélioration continue.» Ce dispositif, développé en interne, permet aussi de réduire le papier et d’obtenir une meilleure traçabilité des procédures. Les deux lignes de cet atelier devraient en être équipées fin 2018.

«Les modifications de nos lignes ont été réalisées en interne, souligne Romain Serratore, le directeur industriel du groupe. Nous avons mis en place des groupes de travail multimétiers intégrant le service méthode et les équipes de production afin que tous les collaborateurs soient associés au projet. Sans l ‘adhésion des salariés, nous n’aurions pas pu obtenir ces résultats. » Pour la suite, le site de Pellenc compte notamment se doter de chariots automatiques et se renforcer en outils digitaux pour réduire l’usage du papier.

Source : L’Usine Nouvelle, Marine Protais, 24 mai 2018 – N°3364